Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d'un régime prolitique extrême : l'Etat brun.
Dans la vie, ils vont d'une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni des héros ni des purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.
Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?
Assis sur ce banc gris, le regard tourné vers le musée Narodni, absorbant les pensées chamarrées
des âmes slaves, je pensais à cet enfant frêle qui regardait les mésanges bleus voleter le long
d'une voie de chemin de fer où les mains de son grand-père avaient perlées de sueur,
je me rappelais à la mémoire des temps, plongeon dans l'imperceptible des eaux où s'universalise le monde.
Le chant de enfants, aux mains demandant un sourire arriva dans mon cœur ouvert à cet avenir accompagnant wenceslas au soleil de ces femmes et ces hommes grouillant dans leur univers à
la fois unique et multiple : multitude s'ignorant et pourtant interconnectée, pensées se lisant
comme se lisent les racines dans le ciel au coucher du printemps : Être sans ce perdre dans la multitude.
Un moment présent dans l'intensité des énergies qui viennent vibrer sur les cordes de la harpe
céleste dont l'harmonie m'emporte au firmament de moi-même : conscience d'être ce lien,
ce pont où tout est possible.
Un et Tout à la fois, avec ce profond sentiment d'accompagner l'humanité dans son évolution;
témoin d'un mouvement ascendant, témoin d'une métamorphose
se jouant dans ce moment présent qui ne se confond pas avec l'ego, même si parfois
Je suis Un et Indivisible, une Entité, marchant depuis son passé vers son avenir, dans l'instant respirant l'osmose divine.
Et je fais ce que je suis, en responsabilité, en regardant sans fuite mes peurs dont je suis le créateur et sur lesquelles, jours après jours, je travaille.
Partie émergée sur cette terre, mon Être physique nourrit de son expérience la partie immergée dans le cosmos, de ce que je suis, afin que le Tout puisse se réaliser.
Je vois car je vis cette Reliance de ce Haut-Bas : Vase transmutateur des énergies venant de la terre et du ciel : Être-fusion, Être-le-Là, celui permettant aux êtres humains de s'accorder.
Je me suis accepté, je me suis mis dans l'abandon de mes croyances, de mes désirs et j'ai senti la fraîcheur du vent matinal envelopper mon ici-maintenant dans l'infinité de la durée.
Je suis le Pont sur lequel le côté obscur de la force se transforme.
L'oracle disait aussi : "Tu es là pour comprendre les choix que tu as déjà fait ".
Il est parfois de magnifiques discours déversés sur les âmes et les coeurs qui se transforment au fil du temps en un fleuve acide rongeant le demain de l'être.
Le rêve de la planète est ainsi, flirtant avec les belles âmes afin de mieux les mettre dans son cercle et les manipuler en les détournant de leur destin.
Sa mission réalisée, en les ayant accompagnées vers les hautes sphères et déconnectées du " Bas ", il peut aller en chasser d'autres afin des les mettre ensuite dans son escarcelle, comme un gibier attendant de tomber dans l'assiette du désir.
Les âmes faibles, en mal d'elles même, tombent gracieusement dans le piège posé par cet habile discours enrobé de miel.
Elles aiment les chemins de souffrances, et le Rêve de la planète en fait son lit, bordé par de beaux mensonges, aux sourires de maître des charmes : conteur d'histoires prenant le contrôle de l'histoire des autres…
Reprenez le contrôle de votre histoire, changer ce que vous pensez de vous-même, ôtez les mensonges auxquels vous croyez et accédez à la beauté de la Vérité.
Le sol était rugueux, trame de vie. Le noir était dans ses yeux, mélodie dramatique. Des lambeaux d'âmes habillaient son corps flétri par les promesses avortées de l'aube. Il était las, il était là, ses pas avec ce nom dans les oreilles en résonance avec le vide de la parole avide.
La porte de sa cellule, constamment fermée, avait l'odeur de vieux papiers moisis par le temps des souvenirs, où se lisaient encore les jours tissés en harmonie de l'Autre. Des sous venir, car, depuis, le "venir" avait était celui des autres fauchant sa vie en révolution.
Mais depuis…
Le regard avait changé et il voyait au delà des murs derrière lesquels se cachent les yeux du cercle de l'Hadès.
Il sentait en lui une force inconnue jusqu'alors, une force puissante qui venait des profondeurs de son être.
Il savait qui il était et où était sa place.
La peur était partie de son corps depuis longtemps déjà. Il devenait inébranlable; il devenait l'œil du cyclone, un espace de paix, refuge protecteur des blessés des astres.
Sa cellule n'était que celle que les autres avaient forgée croyant l'isoler, l'éloigner de leur passage. Ils lui avaient donné les moyens de devenir plus vite celui qui lisait les signes, messages d'un au delà non perceptible jusqu'alors.
Dorénavant, il pouvait voyager bien plus loin qu'auparavant, sentant dans chacune de ses cellules l'infinité de chaque substance…La matière n'existait plus…Réceptacle…
Je ressens une sensation de brûlure lorsque mes paupières se baissent, d'une lourdeur infinie et cette chape de plomb sur le thorax qui presse et presse et presse.
Une sensation d'électricité enveloppant ma peau tout le long de mon corps et ces frissons alternatifs sur le visage.
Mes jambes sont lourdes et j'ai du mal avec ma respiration qui s'essouffle sous le poids des responsabilités.
La fatigue s'imprime sur les feuilles de ma vie et mes doigts s'engourdissent au bout de mains dont le dos pèse.
Ma nuque aussi est d'une lourdeur lancinante, saccadant ma respiration pesante.
Mon corps ne demande que le repos…
Et pourtant, et pourtant…
Et malgré cela, je dois penser, parler, agir; aujourd'hui guider des centaines de personnes,
résoudre des situations, conflictuelles ou non, organiser, maîtriser, mais aussi conseiller,
Devant cette table où s'allongent mes doigts d'un crayon discret, pointe une aiguille aux fertiles arabesques temporelles. Elle va, tranquillement, sans se poser de question, trottinant de barre en barre : enfant facétieuse me narguant des ses jolis tours entre sous venir et à venir…
Entre deux…Entre eux deux…Passé-futur…
Dans l'œil du cyclone, là où le Présent dans son immuable mouvement dynamise l'Être en moi, le portant sur les flots Raison d'un Rêve en émergence, d'un Rêve transperçant enfin le voile posé par des siècles d'asservissement, d'aveuglement.
Liberté intérieure dans l'abandon à la vie et à sa manifestation.
Voir se présent pour créer sa vie tel l'artiste devant sa toile et son choix…
Être l'Arbre de sa Vie…
Comme le disait " l'Oracle " : je ne savais pas,j'avais la Foi.
Elle était dans la fleur de l'âge assise sur une prairie verte à regarder passer les bus nonchalant qui desservaient leurs flots le long des pierres accumulées par les ans et formant des dés aux fenêtres rondes et blanches.
La tristesse des ancêtres se dessinait sur son regard Chagall qui embrassait de ses mains les fruits de sa vie. Cette vie avait coulé aux bruissements des feuilles emportées par les kiosques à journaux, diseurs de nouvelles finissant dans les allées d'un parc où se mourraient les souvenirs d'enfance.
Ses vêtements avaient le parfum du jasmin de sa grand-mère et la couleur de l'espérance qu'elle avait perdue, un jour, au sortir de chez elle, une lettre à la main, transformée plus tard en eau de chagrin au fonds d'un canal.
Elle n'avait plus rien, elle n'était plus rien, croyait-elle…
Elle était plus que cela, plus que ce qu'elle paraissait être, plus que ce que j'entendais. Elle avait un passé, une potentialité et il fallait lui faire voir cela, lui faire confiance au delà d'elle même.
Ecoute, Parole et Présence:
Savoir se taire, taire son histoire, son opinion, son ressenti, son supposé savoir, se "mettre en creux " afin que la parole de l'autre advienne et puisse être accueillie.
Savoir parler, rejoindre l'autre et prendre en soi ce qu'il dit "Là", lui permettre de se mettre en chemin pour être accueilli et entendu.
Présence à soi, Présence à l'autre au delà du jeu des identifications.